aux mots doux
aux mots douxTu dis que tu es contrariée,
Que personne ne te respecte.
Mais ton besoin d’être désirée,
De voir tes chiffres monter,
Dévore ta propre loyauté.
Tu vibres derrière l’écran.
Tu te dresses en reine virtuelle.
Une cour d’hommes te suit,
Et ce pouvoir éphémère
Te remplit, un instant,
Le vide d’un puits sans fond.
Tu parles de sororité,
Mais tu cries jalousie,
Manipulation, Juste pour nourrir ton théâtre.
Tes faux-semblants, je les vois.
Je ne vois pas la séductrice,
Ni la femme avide Que tu prétends être.
Je vois…
Je vois une femme perdue, marchant dans ses tempêtes,
Offrant des gestes sincères à des regards trop lourds.
Une femme qui se cherche, qui vacille, qui s’arrête,
Mendiant un peu d’amour dans le bruit des détours.
Je vois une femme blessée qui voudrait être aimée,
Mais qui, faute de douceur, ne parvient plus à se calmer.
Elle recolle ses morceaux que la vie a dispersés,
Espérant que son cœur, un jour, saura respirer.
Je connais son chemin — je l’ai traversé moi-même,
Plongeant dans mes ombres quand je refusais d’y voir.
J’ai dompté la machine qui rongeait ce que j’aime,
Pour ne plus me perdre dans les loups du miroir.
J’ai appris à me garder des mains qui prennent sans donner,
À fermer les portes sombres où l’on épuise sa lumière.
Pour ne pas vieillir le cœur serré, trop abîmé,
Pour que mon souffle reste libre… léger… fier.
Avant que le temps ne te plie sous son poids
Et que tu regrettes tout ce que tu as offert.
Avant que le regard de ton enfant sur toi
Ne réveille une culpabilité amère.
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