aux mots doux
aux mots douxLe silence de mes lecteurs ranime mes cicatrices,
même si je sais qu’il n’est qu’un souffle égaré.
Il frôle mon cœur fragile comme une vieille prémisse,
et l’enfant que j’étais croit encore être oubliée.
Je publie mes couleurs pour éclairer leur nuit,
mais un vide sans écho fait trembler ma lumière.
Je sais que leurs absences ne parlent pas de moi, oui…
mais mon âme vacille au retour de la poussière.
Chaque silence reçu réveille un monde ancien,
où l’amour arrivait tard, où la peur marchait devant.
Je comprends que c’est faux, que le présent va bien,
mais mes blessures murmurent plus fort que le temps.
Pourtant je tends mes mots comme on tend une main,
même tremblante, même seule, même perdue.
Et si personne ne parle, j’avancerai demain,
car la lumière revient vers ceux qui ont tenu.
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